
OPINION. Alors que les marchés réagissent instantanément à la géopolitique, la communication des banques centrales devient un exercice d’équilibriste. Trop de fermeté pèserait inutilement sur la croissance mais trop de prudence pourrait être vue comme un manque de détermination
Du calme à la fébrilité: rarement les anticipations de marché auront connu un tel revirement en si peu de temps. Depuis le déclenchement des frappes américaines et israéliennes en Iran, ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui se sont envolés, mais bien l’ensemble du cadre d’analyse des investisseurs qui s’est retrouvé bouleversé. Et au cœur de cette recomposition, les anticipations de politique monétaire occupent une place centrale.
Jusqu’à récemment, le scénario semblait pourtant bien balisé. La BCE et la BNS aller garder leurs taux inchangés dans un environnement de croissance modérée mais stabilisée et d’inflation contenue. Les marchés anticipaient même une certaine probabilité de voir les taux directeurs abaissés en cas de ralentissement économique. La Fed et la BoE avaient encore un léger ajustement baissier à opérer avant de mettre un terme à leur cycle de réduction des taux. Ce consensus, largement partagé, avait fini par ancrer les anticipations et apaiser la volatilité sur les marchés de taux.
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