
La Banque nationale conservera vraisemblablement son taux directeur à zéro. Avec des répercussions sensibles sur les comptes d’épargne, les obligations et la planification patrimoniale à long terme
La situation financière exceptionnelle paraît se muer en nouvelle normalité. En juin de l’an passé, la Banque nationale suisse (BNS) décidait d’appliquer des taux zéro. Entre 2015 et 2022 déjà, la Suisse avait connu un contexte de taux bas et même négatifs. Cette fois-ci encore, la BNS a franchi un nouveau pas, non sans raison. La réduction du taux de juin dernier s’avérait compréhensible, vu les tensions géopolitiques, les attentes modérées en termes d’inflation, un franc suisse toujours fort et l’évolution conjoncturelle.
Dans l’optique d’une stratégie d’investissement durable et à long terme, un élément important est de pouvoir estimer dans quel sens les taux se dirigent et combien de temps ils y resteront. «Nous ne tablons pas sur une phase de taux bas aussi longue que dans les années 2010. Aujourd’hui, nous observons des taux d’inflation globalement stables à de plus hauts niveaux, davantage de croissance, une volonté d’aménagement de la politique fiscale et une moindre coopération internationale: autant de facteurs qui devraient entraîner plus rapidement des taux plus élevés», estime Philipp Burckhardt, Fixed Income Strategist chez Lombard Odier Investment Managers. Comme la BNS attache beaucoup d’importance au différentiel de taux avec la zone euro, les récents commentaires d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), sur les hausses de taux ont à coup sûr été accueillis avec bienveillance.
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