
CHRONIQUE. Nouvelles usines de liquéfaction et augmentation des exportations expliquent, entre autres, pourquoi les prix du gaz ne connaissent pas le pic observé en 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine. Mais cette stabilité des prix ne traversera pas l’été, écrit Anne-Sophie Corbeau, spécialiste de l’énergie au Center on Global Energy Policy de l’Université Columbia
Quand le détroit d’Ormuz fut bloqué le 28 février 2026, beaucoup s’attendaient à un impact majeur sur les prix du gaz et du pétrole si ce blocage devait excéder quelques semaines. Environ 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial transite par le détroit; sa fermeture soudaine constitue en théorie l’un des plus graves chocs énergétiques de ces dernières décennies.
Or les prix européens du gaz TTF ont certes bondi de 30 euros/MWh à 60 euros/MWh dans les premières semaines du conflit, mais depuis le début du mois d’avril, ils fluctuent autour de 50 euros/MWh. C’est élevé, mais sans commune mesure avec les prix connus en 2022 après l’attaque russe contre l’Ukraine, soit 125 euros/MWh en moyenne avec des pointes au-delà de 300 euros/MWh.
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