
CHRONIQUE. Le débat autour du contre-projet à l’initiative «Stop au black-out» a au moins le grand mérite de nous confronter, partisans ou adversaires du nucléaire, à nos contradictions et à nos incohérences, pointe Yves Petignat
Il y a peu de risques – ou de chances – que la Suisse inaugure un jour une nouvelle centrale nucléaire. Du moins pas selon le modèle classique et de grande puissance que nous connaissons aujourd’hui. Et pas avant 2050, nous disent les experts. Trop cher, trop long à construire, trop controversé. A ce jour, il n’y a ni projet ni financement, ni solution pour les déchets. Dès lors, le débat aux Chambres fédérales sur la suppression de l’interdiction de construire de nouveaux réacteurs prend surtout une dimension symbolique et idéologique. Malgré le revirement de la stratégie énergétique dans le reste de l’Europe et le regain de popularité du nucléaire auprès d’une opinion suisse inquiète quant à la sécurité de l’approvisionnement en énergie.
Le débat autour du contre-projet à l’initiative «Stop au black-out» a au moins le grand mérite de nous confronter, partisans ou adversaires du nucléaire, à nos contradictions et à nos incohérences. Nous voulons tous la sécurité énergétique, sauf les adeptes de la décroissance. Mais nous ne sommes pas prêts à en payer le prix. Que ce soit sous la forme de restrictions de nos droits individuels, du renforcement de l’Etat ou d’une atteinte à un paysage idéalisé et réconfortant.
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