Migros annonce une réorganisation en profondeur de sa structure coopérative
Migros a annoncé ce lundi matin une nouvelle vague de suppressions de postes. Elle intervient un an après une première cure d’austérité qui avait coûté quelque 1500 emplois. Le distributeur cherche à redresser sa rentabilité
Le distributeur Migros prévoit de fusionner ses dix coopératives régionales pour n’en conserver plus qu’une seule. La manœuvre aura un impact pour l’heure non quantifié sur le personnel administratif et dirigeant, mais devrait épargner celui des magasins. Migros emploie actuellement quelque 80 000 collaborateurs.
Le géant orange entend par ce biais accélérer ses processus de décision, rationaliser les investissements et renforcer sa compétitivité. «La concurrence est rude,» a asséné en conférence de presse le responsable de Migros-Bâle, Miguel Serrano, pointant du doigt le tourisme d’achat observé vers la France et l’Allemagne.
L’activité Supermarché sera gérée à l’échelle nationale par une unique instance. Pour autant, les spécificités régionales seront préservées grâce à l’établissement de six conseils dédiés, dont un pour la Suisse romande et un pour le Tessin, indique un communiqué diffusé lundi.
«Un groupe coopératif ne se centralise pas pour le simple plaisir d’une centralisation,» a indiqué le directeur de Migros Vaud, Bernard Pittet, mettant en avant l’avantage d’un ancrage régional autour d’une orientation commune.
L’opération, qui ne concerne pas les filiales, a déjà obtenu l’aval unanime des administrations des dix coopératives actuelles. Les coopérateurs auront l’occasion de se prononcer en milieu d’année prochaine.
Artisans de ces changements, le président de la Fédération des coopératives Migros, Mario Irminger, ainsi que le directeur général de Migros supermarchés, Peter Diethelm, se retireront à cette période. Agés tous deux 62 ans, ils souhaitent ainsi s’assurer que leurs successeurs pourront suivre toute la période du chantier.
Près de 3000 emplois seraient visés
Selon des informations signalées dimanche par laSonntagszeitung, cette restructuration pourrait entraîner la suppression d’environ 3000 emplois. Les économies potentielles sont estimées entre 300 et 400 millions de francs par an.
Un objectif de rentabilité affiché
Migros avait lancé une restructuration en 2024 qui visait à se défaire des enseignes jugées insuffisamment rentables, soit Mibelle, Hotelplan, Micasa, SportX et OBI. Cette réorganisation a conduit à la suppression de quelque 1500 emplois, sur les près de 99 000 que comptait alors Migros.
A la mi-octobre, le groupe a par ailleurs franchi une nouvelle étape dans sa décision de retrait du commerce de détail en Allemagne. L’Office fédéral allemand des ententes a autorisé le rachat de 38 supermarchés de sa filiale Tegut par le groupe de distribution Rewe, levant ainsi les réserves en matière de droit de la concurrence.
En Suisse romande, Migros envisage en outre de fermer à fin 2027 la Centrale Traiteur sur son site industriel vaudois d’Ecublens, et quelque 57 emplois sont menacés.
En 2025, le chiffre d’affaires de son cœur de métier a légèrement diminué, de 1,9% à 31,9 milliards de francs, ce que l’entreprise a justifié par des baisses de prix de l’ordre de 500 millions de francs.