
Alors que les exportations vers les Etats-Unis et la Chine ont chuté, l’industrie des machines a généré des ventes stables grâce à l’Union européenne. Les entreprises continuent par ailleurs à investir en Suisse
La nouvelle guerre au Moyen-Orient vient renforcer les incertitudes alors que l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (Swissmem) commençait à percevoir quelques lueurs d’espoirs.
Après deux années marquées par un repli, les entrées de commandes du secteur ont connu une hausse de 1,4% en 2025, grâce à un deuxième semestre plus solide. De plus, le taux d’utilisation des capacités de production des entreprises a progressé au quatrième trimestre, après dix partiels d’affilée en baisse. Le chiffre d’affaires total des firmes a quant à lui quasiment stagné (-0,3%).
«L’exercice 2025 fut une nouvelle année difficile, marquée par les droits de douane américains, la faiblesse des marchés et un franc fort. Mais à long terme, je reste optimiste pour la place industrielle suisse», a fait remarquer lundi le président de Swissmem, Martin Hirzel, lors d’une conférence de presse tenue à Zurich.
Si les exportations de marchandises de cette industrie sont restées plus ou moins stables ( 0,7%, la faîtière ne publie pas les chiffres absolus du secteur), les envois envers les Etats-Unis (-7,6%) et la Chine (-11,2%), respectivement troisième et deuxième marchés les plus importants pour les sociétés membres de Swissmem, ont en revanche fortement reculé. Plus dynamique, l’Union européenne ( 3,5%) a progressé, notamment grâce à une base de comparaison faible.
Suppression de postes
«Grâce à l’Europe, nous avons pu légèrement augmenter nos volumes de 0,7%. Cette évolution montre que cette région est et restera notre pilier central, même si nos entreprises doivent conquérir de nouveaux marchés. Il est donc dans l’intérêt de la Suisse de rechercher les meilleures relations possibles avec l’Union européenne», a ajouté celui qui préside Swissmem depuis 2021.
La faiblesse des commandes depuis 2023 a cependant conduit à des coupes d’effectifs plus marquées l’année dernière. «Malheureusement, notre branche a perdu environ 6600 emplois amenant le nombre de postes à 322 900», a chiffré le responsable, ce qui représente une perte d’environ 2%. «Dans l’ensemble, notre branche s’est montrée résiliente car nous nous attendions à une baisse d’environ 10 000 emplois», a soutenu le président, tout en ajoutant qu’en moyenne, la branche comptait environ 330 000 postes.
Un optimisme porté par les investissements locaux
Nonobstant les nombreuses incertitudes géopolitiques et l’appréciation du franc, la direction de Swissmem s’est montrée confiante pour l’industrie suisse à moyen terme, en raison notamment des résultats d’une enquête menée en janvier 2026. «Environ 88% des entreprises interrogées ont investi en Suisse entre 2023 et 2025. Nous ne nous attendions pas à ce résultat exceptionnel compte tenu de la situation économique difficile des dernières années», a fait remarquer le directeur Stefan Brupbacher. Le juriste de formation a aussi souligné que ces montants étaient plutôt injectés dans la modernisation des sites helvétiques afin de les rendre plus efficients et non pas dans l’augmentation des capacités. «Les conditions-cadres restent relativement meilleures en Suisse», que dans le reste de l’Europe, a-t-il aussi précisé.
Il est encore difficile de prédire si les signes positifs observés en fin d’année dernière se traduiront en une reprise des affaires et d’évaluer l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’industrie des machines. Pour le moment, le président s’attend à une hausse des prix énergétiques en Europe, une perturbation des chaînes d’approvisionnement mais également à une appréciation du franc, qui est une valeur refuge. Les entreprises suisses ne sont pas présentes en Iran mais actives en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et à Oman, des pays aussi affectés par le conflit en cours au Moyen-Orient.