
Au Forum économique mondial à Davos, Elon Musk annonçait en janvier dernier commercialiser des humanoïdes d’ici à la fin de l’année 2027. Vraiment? Tour d’horizon des innovations en Suisse et dans le monde
Optimus de Tesla aux Etats-Unis, Digit d’Agility Robotics, Figure 03, et les séries G1/H1 du chinois Unitree, Darpa des américains Boston Dynamics, Asimo de Honda au Japon, Sophia de Hanson Robotics à Hongkong… Qui sera le premier à dégainer un humanoïde adopté massivement par le public?
Aujourd’hui, une multitude d’entreprises privées se disputent le marché à travers le monde et les laboratoires publics participent à cette course effrénée à l’innovation. La compétition est mondiale mais deux pays, les Etats-Unis et la Chine, sortent du lot, et de loin.
Défis techniques majeurs
Pour autant, un robot à deux bras et deux jambes n’a rien d’évident. Qu’il s’agisse d’équilibre, d’appréhension, de capteurs, de machine learning… les défis techniques sont encore majeurs. Les progrès de ces derniers mois en intelligence artificielle ont néanmoins permis des avancées considérables, qui finiront peut-être par permettre à Elon Musk de tenir les délais annoncés pendant le Forum économique mondial à Davos en janvier dernier: des humanoïdes Tesla OPTIMUS vendus au public fin 2027.
En Suisse, le chemin est encore long. PME, géants industriels, associations, laboratoires de recherche… Trois cents structures sont spécialisées dans la robotique, selon la Swiss Robotics Association, sans que le Seco ne puisse préciser combien pèse ce secteur. Et les investissements ne sont en rien comparables à ceux d’autres pays.
Pour autant, Aude Billard, professeure à l’EPFL et responsable du LASA, ramène le nombre de laboratoires à la population helvétique et se félicite que «tous soient connus mondialement et parmi les meilleurs mondiaux».
La Suisse, terre historique de mécanique de haute précision et d’automates, dispose en effet de savoir-faire essentiel à la robotique, confirme de son côté Marc Villard, vice-président des opérations chez ANYbotics, qui commercialise un robot à quatre pattes pour les terrains industriels dangereux. L’avantage de la Suisse consistera peut-être à sauter l’étape humanoïde pour offrir plutôt des robots spécialisés sur certaines opérations mais très fiables et robustes.