
Derrière un chômage au plus bas, les travailleurs dénoncent des salaires insuffisants face à l’explosion du coût de la vie. Un paradoxe qui révèle les fragilités du marché du travail italien
«Avec le gouvernement Meloni, le chômage est à son minimum historique», se vante Fratelli d’Italia, le parti de la première ministre. «Nous renforcerons les politiques pour l’emploi et nous regarderons vers le futur avec détermination.» Le chômage a atteint 5% en mai dernier, en dessous de la moyenne européenne et le niveau le plus bas jamais enregistré depuis le début des statistiques mensuelles en 2004.
Ce chiffre laisse pourtant les travailleurs italiens sceptiques. «Il y a du travail mais, malheureusement, les salaires ne sont pas adaptés aux heures travaillées», rétorque Stefano. Il n’est pas encore 7 heures du matin quand ce jardinier taille les arbustes d’un quartier résidentiel du sud de Milan. Il gagne entre 1500 et 1600 euros par mois. Dans la capitale lombarde, il suffit tout juste pour payer le loyer et les factures. «Il ne faut rien avoir d’autre, pas de voiture, pas de dépenses supplémentaires, poursuit-il. Tout a augmenté: les produits alimentaires, le coût de la vie en général.»
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