
Alors que l’innovation transforme peu à peu la finance, la BRI, la banque centrale des banques centrales, préconise une meilleure collaboration entre tous les acteurs impliqués dans ce processus et l’intégration des avancées technologiques dans le système existant
Comment réglerons-nous nos factures en 2050? Les cartes Visa ou MASTERCARD seront-elles devenues désuètes? Et est-ce que le processus de paiement sera devenu «intelligent» et pourra être réalisé automatiquement lorsque la marchandise que vous avez commandée sera, par exemple, dans votre boîte aux lettres? Difficile de le prédire. Mais la Banque des règlements internationaux (BRI), la banque centrale des banques centrales, sans pouvoir prétendre avoir une réponse à ces questions, souligne dans son nouveau rapport annuel très suivi que le «système monétaire se trouve à un tournant décisif» en raison notamment des innovations en développement.
La BRI, une institution clé basée à Bâle, avertit que cette transformation engendre toutefois de nouveaux défis macro-financiers. Et une question centrale doit être posée: «Comment préserver la confiance dans la monnaie à l’ère numérique?» Lorsque nous recevons un salaire sur notre compte, réalisons un virement ou réglons une facture, nous n’avons pas à nous interroger sur la valeur de l’argent utilisé. Et cette évidence est l’aboutissement d’un consensus social, préservé par des institutions à l’image des banques centrales. C’est cette confiance que la BRI estime devoir préserver, car la technologie n’est pas une fin en soi. Elle met ainsi en garde contre l’idée selon laquelle les cryptomonnaies ou stablecoins (monnaie numérique adossée à une devise) pourraient à eux seuls constituer les piliers du système monétaire de demain. Il s’agit plutôt d’intégrer les innovations technologiques au cœur de l’architecture existante, écrit la BRI.
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