
Avec des étés plus chauds, l’ombre, longtemps vécue comme une privation, redevient une protection voire, peut-être, une qualité de l’habitat
Il fut un temps où l’ombre était ce que l’on cherchait à chasser. On abattait une cloison, agrandissait une fenêtre, cherchait le sud et la vue avec ces mètres carrés de ciel que promet une baie vitrée. La lumière naturelle disait le confort moderne, l’ouverture, parfois même une certaine idée de la réussite. Puis les étés se sont faits plus lourds. Le même soleil que l’on invitait généreusement dans le séjour s’est mis, certains après-midi, à transformer la pièce en serre. Le store descend. La vue disparaît. Et voici l’habitat lumineux condamné, pour rester habitable, à vivre derrière ses paupières closes.
Nous n’avons bien sûr pas cessé d’aimer la lumière mais nous devons désormais apprendre à mieux choisir quand et comment elle entre. Thomas Jusselme, professeur à la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR, HES-SO), Institut Energy/Smart Living Lab, rappelle que la fenêtre éclaire, ouvre la vue, laisse passer les rayons solaires, permet de ventiler mais doit aussi pouvoir être occultée. «Survitrer entraîne de l’inconfort thermique, de l’éblouissement, des coûts élevés et beaucoup d’émissions de CO2. Sous-vitrer coûte moins cher et est favorable au carbone mais peut poser des problèmes de confort, voire des problèmes physiologiques. Il faut trouver le bon compromis.»
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