Reed Hastings, le patron historique de Netflix, se retireNetflix a publié jeudi un bénéfice net de 5,28 milliards de dollars au premier trimestre, qui intègre l’indemnité de rupture des négociations de rachat avec Warner. Le cofondateur et président du conseil du groupe, Reed Hastings, a annoncé son départ en juin Devenu un acteur de poids de l’industrie de l’audiovisuel, Reed Hastings se retire. Le cofondateur de Netflix, qui n’y était déjà plus très actif, quittera en juin la présidence de son conseil. L’homme était parmi ceux qui avaient opéré le grand virage de Netflix, de loueur de DVD à plateforme de contenus, d’abord ceux des autres, puis ses productions propres, dans les années 2010. Jeudi, le géant américain du streaming vidéo a publié un bénéfice net trimestriel nettement supérieur aux attentes mais gonflé artificiellement par une indemnité de rupture des négociations de rachat avec Warner Bros. Discovery (WBD), finalement en passe d’être acquis par Paramount Skydance. Le bénéfice net ressort à 5,28 milliards de dollars (4,14 milliards de francs suisses) au premier trimestre, en intégrant l’indemnité de 2,8 milliards (2,19 milliards de francs suisses), selon un communiqué, soit bien au-dessus des 3,29 milliards (2,58 milliards de francs suisses) projetés par les analystes, selon un consensus établi par FactSet. En soustrayant cet élément exceptionnel, versé par Paramount Skydance selon les clauses de négociations fixées avec WBD, le résultat s’affiche nettement en deçà des estimations (2,48 milliards, soit 1,94 milliard de francs suisses). Quant au chiffre d’affaires, il n’est lui que très légèrement plus élevé que le consensus des analystes, à 12,25 milliards de dollars (9,6 milliards de francs suisses), contre 12,18 (9,54 milliards de francs suisses) attendus. Départ de Reed HastingsEn marge de cette publication, le groupe de Los Gatos en Californie a donc indiqué que Reed Hastings avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat d’administrateur, actant ainsi son retrait du groupe après l’assemblée générale de juin. Le sexagénaire n’occupait déjà plus de fonction opérationnelle après avoir quitté la codirection générale de Netflix en janvier 2023.
En 1997, Reed Hastings avait cofondé, avec Marc Randolph, Netflix, qui n’était alors qu’un service de location de DVD par correspondance. Dix ans plus tard, le groupe créait sa plateforme de streaming, devenue depuis la référence de la vidéo à la demande. «La première fois que j’ai rencontré Reed, en 1999, il m’a dit qu’il bâtissait une société qui serait là longtemps après son départ», a déclaré le codirecteur général, Ted Sarandos, lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats. «Imaginez quelqu’un qui parle de succession alors qu’il commence seulement à construire.» Reed Hastings et Ted Sarandos avaient fait leur tournée européenne en 2014, quand Netflix partait à la conquête du continent, dont la France et la Suisse. Ils mettaient alors l’accent sur la simplicité d’usage et la force de frappe technologique de la plateforme, vantant leurs centaines d’ingénieurs pour permettre au service de fonctionner et aux algorithmes de conseiller. L’action chuteDans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, l’action Netflix abandonnait près de 9%. Après avoir bataillé durant plusieurs mois pour mettre la main sur Warner Bros. Discovery, dont le conseil d’administration avait initialement validé son offre, Netflix a fini par renoncer, fin février, après un nouveau relèvement de l’enveloppe proposée par Paramount Skydance. Pour Eric Clark, gérant de portefeuille chez Accuvest Global Advisors, le décrochage du titre est avant tout lié à sa progression depuis le retrait de Netflix du dossier WBD. «L’action a gagné 40% (42% depuis un plus bas mi-février)», rappelle-t-il, «donc il aurait fallu que les résultats soient absolument parfaits» pour alimenter une nouvelle hausse du cours, ce qui n’a pas été le cas. Pour autant, il estime que le groupe reste bien positionné pour franchir, à long terme, le seuil symbolique des mille milliards de dollars de capitalisation boursière, soit plus du double de sa valorisation actuelle (452 milliards, soit 354 milliards de francs suisses). Plusieurs stratégies pour diversifier ses revenusLors de la conférence téléphonique, Ted Sarandos a redit que l’absorption de WBD était «une belle opportunité, mais pas un passage obligé» de la stratégie de Netflix. Il a ajouté que l’entreprise au «N» rouge n’avait pas renoncé pour autant à des acquisitions, mais entendait agir avec discernement et discipline financière. Pour Ross Benes, analyste du cabinet Emarketer, Netflix tarde à diversifier pleinement ses sources de revenus et dépend encore très largement des abonnements. Le groupe pousse les feux sur la publicité et table sur 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans ce domaine en 2026, soit le double de son total de l’année précédente. Ce rythme «ne correspond pas à ce qu’attendait le marché il y a plus de quatre ans quand la formule avec publicité a été lancée», constate Ross Benes. Autre aspect de la stratégie du groupe, Ted Sarandos a réaffirmé jeudi l’importance des programmes en direct, événements sportifs en particulier, pour Netflix. Autre axe de croissance, selon lui, les podcasts filmés, dont l’offre s’étoffe progressivement sur la plateforme. Vendredi 17 avril 2026, 08h31 - LIRE LA SUITE
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