Finance durable: la transparence progresse sur plusieurs frontsDes avancées récentes en divulgation d’informations environnementales par les entreprises pourraient redonner confiance dans les stratégies d’investissement durable La finance durable traverse actuellement une crise de confiance. L’idée qu’un investissement puisse à la fois générer des gains financiers et faire du bien à la planète est remise en cause de part et d’autre. Alors qu’il y a quelques années cette idée avait le vent en poupe, elle peine aujourd’hui à soulever l’enthousiasme et suscite plutôt méfiance et scepticisme. Ce recul de la confiance à l’égard des stratégies d’investissement durable se manifeste des deux côtés de l’équation, du côté «investissement» comme du côté «durable». Prenons d’abord le côté investissement, le point de vue des investisseurs qui ont pour priorité l’optimisation du couple risque/rendement: le discours gagnant-gagnant, durable = rentable, peine à convaincre aujourd’hui, dans un contexte géopolitique tendu, court-termiste et militariste. Prenons maintenant le problème de l’autre côté, du côté durable, et adoptons le point de vue des investisseurs désireux d’améliorer l’état du monde. Ici, le sentiment négatif résulte d’un manque de crédibilité, de ce que l’on appelle le greenwashing, ou écoblanchiment. Plus de transparenceCes dernières années, des études, articles de presse et procédures ont mis en avant différents cas de promesses exagérées ou non tenues. Tel ou tel fonds de placement vendu comme «vert», «durable» ou «responsable» s’avérait trop semblable à un fonds traditionnel pour pouvoir revendiquer un impact positif. Mais la situation n’est pas figée. La confiance pourrait revenir. Pour cela, il importe notamment que les acteurs de la chaîne de valeur de la finance durable soient plus transparents: entreprises, détenteurs d’actifs, gestionnaires d’actifs, agences de notation, etc. A cet égard, l’actualité récente nous donne des signaux positifs et encourageants. Ainsi, selon l’organisation CDP, 877 entreprises obtiennent désormais un score de A sur la divulgation d’informations environnementales (liées au climat, à l’eau et aux forêts), soit une progression annuelle de 70%; ces leaders sont principalement basés en Europe, en Asie et dans le Sud global. Moins de greenwashingEn ce début 2026, la Science Based Targets Initiative (SBTi) annonçait avoir validé les plans de décarbonation de 10 000 entreprises dans le monde. Cette validation reconnaît des objectifs ambitieux, basés sur la science et capables d’atteindre le net zéro d’ici à 2050. Toujours dans le domaine climatique, le gouvernement chinois vient de publier un cadre de divulgation aligné sur le standard international ISSB (International Sustainability Standards Board), ce qui a été salué par des investisseurs sensibles à la durabilité. Et d’après le Border to Coast Pensions Partnership, qui gère les retraites pour une dizaine de collectivités locales britanniques, le nombre de plans de transition crédibles est en hausse et le greenwashing diminue. Des progrès en transparence sont également visibles du côté des investisseurs institutionnels. C’est ce que montre le 2025 Global Pension Transparency Benchmark, publié l’automne passé conjointement par CEM Benchmarking et Top1000funds.com, qui compare 75 fonds de pension. On y apprend que sur les critères liés à l’investissement responsable, on est passé, en cinq ans, d’un score moyen de 47 à 71 (sur 100). Chantiers ouvertsSi des progrès ont été réalisés en matière de transparence des entreprises et des investisseurs, certaines démarches n’aboutissent pas. A titre d’exemple, le gouvernement britannique vient de rejeter l’appel de plusieurs fonds de pension à améliorer la gouvernance et la transparence dans le secteur de la défense. Plusieurs chantiers restent ouverts, des demandes attendent encore des réponses. Citons par exemple l’Institutional Investor Group on Climate Change (IIGCC) qui requiert des entreprises (et de leurs auditeurs) qu’elles documentent mieux l’impact des risques climatiques sur leur capacité future à payer des dividendes. Par ailleurs, IIGCC, avec les principes pour l’investissement responsable (PRI) et UKSIF, appelle les gouvernements à renforcer et à clarifier les règles de divulgation en matière de durabilité. L’Autorité européenne de surveillance des marchés boursiers (ESMA) a de son côté publié une note demandant aux promoteurs de stratégies d’investissement durable de mieux expliquer ce que celles-ci impliquent. Grand mériteLes avancées décrites plus haut ne vont pas de soi, elles sont le fruit d’efforts patients, d’engagement, de campagnes de sensibilisation. Dans l’économie de marché, la transparence n’est pas une vocation naturelle des entreprises. Celles-ci communiquent de manière ciblée pour promouvoir leurs produits et services, mais elles ont tendance à maintenir dans l’ombre de nombreux pans de leurs activités, notamment pour des raisons de compétitivité. On peut débattre de la performance et de la crédibilité de la finance durable, qui est protéiforme et répond à des motivations variées, à la fois pécuniaires et non pécuniaires. On peut comprendre la crise de confiance qu’elle traverse aujourd’hui. Mais il est difficile de contester le fait que la finance durable a réussi, au cours des vingt dernières années, à rendre les entreprises plus transparentes, plus ouvertes. C’est sans doute son plus grand mérite. Les avancées récentes en matière de transparence des entreprises vont-elles redonner confiance dans la finance durable? On en fait le pari. Plus d’information, des données de meilleure qualité, moins de greenwashing: cette évolution, si elle perdure, devrait régénérer l’intérêt des investisseurs pour la durabilité. Dimanche 01 février 2026, 10h31 - LIRE LA SUITE
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