
En 2026, le Forum économique mondial enregistre une année record. Les crises se multiplient. Ce rassemblement de personnes puissantes sera-t-il utile?
On pourrait dire que l’édition 2026 du Forum économique mondial (WEF) est déjà un succès, avant même l’arrivée des participants. Un nombre record de personnalités politiques et économiques, le numéro un de la première puissance mondiale en personne, la Chine et d’autres grandes puissances non occidentales, tous rassemblés dans le centre des congrès de Davos. Ils peuvent se parler, sur la scène ou dans un salon privé. Les questions concernant le départ du fondateur, Klaus Schwab, son comportement et celui de l’organisation, même si certaines sont sans réponse, semblent déjà lointaines. La «plateforme impartiale», comme elle se définit, est plus que jamais fréquentée par les détenteurs du pouvoir. Elle vise toujours à «améliorer l’état du monde».
Réaffirmée en janvier 2026, cette mission est pour le moins ambitieuse. Car tout semble prêt à se casser. Depuis des mois, Donald Trump utilise les tarifs douaniers comme outil de pression et d’extorsion. Il a enlevé le président du Venezuela. Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, certains pays européens ont positionné leurs soldats contre les Etats-Unis, en prévention de l’annexion du Groenland par leur ancien allié. Et ce week-end, le président américain a une fois de plus brandi les taxes comme menaces contre l’Europe. Pourtant, mercredi, Donald Trump sera dans l’aula principale de Davos, face au parterre le plus influent de toute l’histoire du Forum.
On peut s’énerver contre lui, le trouver abominable, Donald Trump n’en est pas moins élu et il est encore en fonction, à la tête de la première puissance mondiale. Il vient en force, incarnant cette nouvelle ère dans laquelle nous sommes entrés. Cet ordre, ou ce désordre, que nous peinons à accepter, contre lequel nous, Suisses, nous battons. Fait d’impérialisme, de protectionnisme, de fractures sociales, de désinformation, de guerres, et du climat qui se dégrade.
Carte à jouer pour la Suisse
Dans ce contexte, le WEF et la Suisse ont une carte à jouer. Ou plutôt, chaque haut responsable a une carte à jouer. Des décisions à prendre, à préparer. Investir aux Etats-Unis ou pas? Chercher des débouchés ailleurs? S’allier avec des pays par intérêt stratégique? Utiliser tous les moyens du droit pour se battre? Le Canada vient de signer un accord commercial avec la Chine. L’Union européenne (UE) avec le Mercosur. La Suisse s’est engagée avec l’Inde et cherche à se rapprocher de l’OTAN en plus de ses liens avec l’UE. Alors que s’ouvre cette conférence unique au monde, nous formulons une demande: Mesdames et Messieurs, élus, nommés, dirigeants politiques et économiques, utilisez donc cette plateforme! Pour contribuer à améliorer l’état du monde, et faire de Davos un succès, véritablement. Même si l’exercice paraît plus périlleux que jamais.