
L’exposition à deux langues ou plus semble doper les capacités intellectuelles. A l’heure où une étude européenne associe le multilinguisme à un vieillissement cognitif ralenti, certaines écoles testent et vantent diverses approches éducatives allant dans ce sens
Parler plusieurs langues est-il un facteur de réussite en matière d’apprentissage? Cette question occupe la science depuis de nombreuses années déjà. D’apprenants partiels à élèves au cerveau stimulé, les personnes bilingues se sont vu attribuer des étiquettes différentes selon les courants scientifiques. Aujourd’hui encore, le débat demeure. Des pistes de réflexion penchent en faveur d’une vision faisant du bilinguisme un atout pour apprendre, mais selon certaines conditions.
Il est d’abord important de comprendre en quoi un contexte multilingue peut influencer les mécanismes intellectuels impliqués dans le processus d’apprentissage. Parler plusieurs langues n’est pas seulement une affaire de communication. Cela sollicite en permanence des mécanismes cognitifs complexes (attention, inhibition, flexibilité mentale, mémoire de travail) qui sont au cœur de l’apprentissage. «L’expérience bilingue active simultanément plusieurs systèmes linguistiques, ce qui oblige notre cerveau à se réguler en permanence», explique Esther de Leeuw, professeure associée en multilinguisme et acquisition du langage à l’Université de Lausanne. «Cette gymnastique mentale implique à la fois l’activation du langage utilisé lors des échanges verbaux et l’inhibition du langage qui ne l’est pas. Ce travail constant représente très probablement une stimulation cérébrale importante.»
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