Source : LeTemps.ch (il y a 13 mois) «Le moment est arrivé»: légende vivante du capitalisme, Warren Buffett tire sa révérenceVénéré par les milieux financiers, «l’Oracle d’Omaha», 94 ans, a annoncé son intention de quitter à la fin de l’année la tête de son conglomérat Berkshire Hathaway. Le célèbre investisseur fustige la guerre commerciale lancée par Donald Trump Warren Buffett a lâché la bombe juste avant de lever le camp afin de «laisser le temps» aux administrateurs de mûrir leurs questions. «Le moment est venu pour Greg (Abel, successeur désigné du milliardaire, ndlr) de devenir directeur général de l’entreprise à la fin de l’année», a-t-il assuré samedi lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway qui s’est tenu dans sa ville d’Omaha, dans le Nebraska. «Voilà le scoop du jour. Merci d’être venus», a-t-il conclu sous un tonnerre d’applaudissements, l’assemblée debout pour honorer la légende vivante du capitalisme. Le dirigeant de 94 ans «venait de discourir pendant plus de cinq heures avec une parfaite clarté et une mémoire exacte des chiffres et des dates, sa voix rauque, caverneuse, trahissant seule son grand âge», relève le journal Les Echos. L’attention portée à ses commentaires était particulièrement grande cette année, alors que la situation de l’économie américaine est devenue très incertaine en raison de la guerre commerciale de Donald Trump. L’annonce a pris de court le conseil d’administration de Berkshire ainsi que Greg Abel, qui, bien qu’il ait été depuis longtemps désigné comme son successeur, ne s’attendait pas à cette déclaration à la fin de la réunion annuelle. L’investisseur a indiqué que même s’il transmettait les rênes à Greg Abel, qui aurait «le dernier mot», il «resterait dans les parages» et «pourrait être utile dans quelques cas», sans préciser en quoi consisterait son rôle. Gourou du capitalisme moderneAujourd’hui vice-président du groupe, Greg Abel, 62 ans, a été désigné en 2021 pour prendre la succession de Warren Buffett. Berkshire Hathaway, une ancienne PME textile, est devenu un empire sous l’impulsion de l’investisseur: l’homme d’affaires s’est constitué en l’espace de six décennies la cinquième fortune mondiale. Porté par l’effet de levier des intérêts composés et par l’énorme augmentation de la richesse aux États-Unis, Warren Buffett a fait de Berkshire Hathaway une entreprise d’une valeur supérieure à 1000 milliards de dollars. Le conglomérat possède aujourd’hui des dizaines d’entreprises, dont les piles Duracell ou l’assureur automobile américain Geico. Toute sa vie, l’entrepreneur a investi sur le long terme dans des entreprises stables, dont il passait au crible les comptes. Avec l’aide de son homme de confiance et vice-président, Charlie Munger, décédé en 2023 à l’âge de 99 ans, Warren Buffett choisissait scrupuleusement acquisitions et actions pour le portefeuille de l’entreprise. Le conglomérat a acquis un assortiment très hétéroclite d’entreprises, dont le milliardaire a dit souvent qu’il reflétait l’économie américaine dans son ensemble. «Miser sur Berkshire, a-t-il plusieurs fois affirmé, c’est miser sur l’Amérique», rappelle Bloomberg. L’homme d’affaires a aussi constitué un vaste portefeuille d’actions - investissant massivement dans des firmes comme APPLE ou AMERICAN EXPRESS - offrant ainsi à Berkshire un autre moyen de profiter des gains d’entreprises qu’elle ne possédait pas entièrement. Sobriété et philanthropieWarren Buffett considérait que l’un de ses rôles les plus importants chez Berkshire était celui d’allouer le capital, c’est-à-dire de déterminer où l’argent devait être investi. On rapporte qu’il passait beaucoup de temps à lire dans son bureau d’Omaha, qui ne comptait que 27 employés l’an dernier. «Sa décision de se concentrer sur quelques types d’activités, d’y consacrer toute son attention, et de continuer ainsi pendant 50 ans, a été un véritable coup de génie», écrivait son acolyte Charlie Munger dans une lettre annuelle. «Warren Buffett a réussi pour la même raison que Roger Federer est devenu bon au tennis.» L’Américain, qui affiche selon le magazine Forbes une fortune de 168 milliards de dollars, se distingue aussi par la sobriété de son train de vie. Client régulier de McDonald’s, il a affirmé boire chaque jour cinq canettes de Cherry Coke. «L’Oracle d’Omaha», tel qu’il est surnommé, habite la même maison depuis 1958, achetée 31 500 dollars, dans sa ville natale. Au cours de sa vie, Warren Buffett a fait don de quelque 60 milliards de dollars - un record - dont 43 milliards à la Fondation Bill et Melinda Gates. Des critiques contre TrumpRéputé pour sa discrétion, Warren Buffett s’est plaint à plusieurs reprises de ne pas payer assez d’impôts, ce qui ne l’empêche de distiller des avis tranchés sur le bitcoin ou l’intelligence artificielle, dont il soulignait les dangers. Samedi, ce démocrate revendiqué estimait que «le commerce ne doit pas être une arme», une critique directe de la guerre commerciale lancée par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. «Il n’y a pas de question» quant au fait que toucher au commerce, notamment via des droits de douane, «peut être un acte de guerre», a lancé l’investisseur, sans prononcer une seule fois le nom du président américain. Selon lui, l’administration Trump devrait «chercher à faire du commerce avec le reste du monde». «Nous voulons un monde prospère» et aller dans cette direction «ne se fera pas (aux) dépens» des Etats-Unis, a-t-il assuré. Le titre Berkshire Hathaway a crû de 20% depuis le début de l’année, quand la plupart des autres entreprises américaines tremblaient sur leurs bases en raison des tarifs douaniers de Donald Trump. Entre l’arrivée aux manettes de Warren Buffett en 1965 et 2024, le retour sur investissement a été deux fois supérieur à celui de l’indice S & P 500.
Flux Rss BERKSHIRE HATHAWAY : |
Bons Plans Investissement et Trading
Recevez sur votre messagerie notre sélection des bons plans en investissement et trading :Top Actus BERKSHIRE HATHAWAY sur 1 Mois
| |||||||||||||||||||||||