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Source : LeTemps.ch  (il y a 4 mois)

Ouvriers immigrés sous-payés et marges exhorbitantes, les dessous peu reluisants du luxe «made in Italy»

Après Dior, Alviero Martini, Tod’s, Loro Piana ainsi qu’une filiale d’Armani, placées temporairement sous administration judiciaire pour avoir mis en place des systèmes de sous-traitance bafouant le droit du travail, le parquet de Milan a demandé à treize autres marques de fournir des documents sur leurs chaînes d’approvisionnement

Quelles sont les vraies conditions de production de coûteux vêtements ou accessoires «made in Italy»? Depuis 2024, le secteur du luxe italien est bouleversé par une série d’enquêtes sur des conditions de travail dégradantes chez des sous-traitants implantés sur son territoire.

Après Dior, Alviero Martini, Tod’s, Loro Piana ainsi qu’une filiale d’Armani, placées temporairement sous administration judiciaire en 2024, treize autres marques sont soupçonnés d’avoir fait appel au même système, selon une requête émise jeudi par le parquet de Milan: Dolce & Gabbana, Prada, Versace, Gucci, Missoni, Ferragamo, Yves Saint Laurent, Givenchy, Pinko, Coccinelle, ADIDAS, Alexander McQueen Italia et Off-White Operating. Le procureur a demandé aux marques, qui restent présumées innocentes, de fournir rapidement des documents sur leurs chaînes d’approvisionnement, comme des audits internes.

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Le scénario est toujours le même: une grande marque sous-traite la production de ses articles de luxe à une ou plusieurs entreprises, qui à leur tour sous-traitent la production à un réseau d’usines chinoises bafouant le droit du travail et les normes de sécurité.

En bout de chaîne, un ouvrier (souvent immigré) peut fabriquer un sac d’une valeur réelle d’environ cent euros, vendu à 1400 euros en vitrine, alors qu’il gagne trois euros de l’heure, quand il ne se retrouve pas à manger et dormir dans l’entrepôt où il travaille.

«Jusqu’à présent, je n’ai reçu que 400 euros en espèces»

Mercredi, devant un juge milanais, les avocats du chausseur Tod’s – dont les mocassins en cuir peuvent coûter plus de 800 euros – ont fait valoir les efforts réalisés par la marque suite aux allégations d’exploitation de la main-d’œuvre, comme la résiliation d’un contrat avec un sous-traitant cet été, ainsi que la rupture d’autres contrats avec des usines chinoises pour le même motif. Le procureur a requis une interdiction de publicité de six mois contre Tod’s. Selon la requête consultée par l’AFP, les avocats de la marque ont obtenu un délai pour «renforcer le système de contrôle» de la société sur ses fournisseurs, et l’audience a été renvoyée au 23 février 2026.

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Le mois dernier, la police italienne a poursuivi ses inspections dans les usines qui, via une longue chaîne de sous-traitance, font partie du groupe Tod’s, comme la Pelletteria Antonio, à Scandicci (Toscane). Les dépositions des employés, retranscrites par le journal La Repubblica,sont édifiantes.

«Je suis en Italie depuis quatre ans. Je suis arrivé à pied par Trieste», raconte l’un d’eux, âgé de 34 ans. «J’ai dû payer huit mille euros à des gens au Pakistan; j’ai dû tout vendre. Je travaille depuis deux mois pour la maroquinerie Pelletteria Antonio, du lundi au samedi, de 8h30 à 19h, avec une pause de trente minutes. J’arrive à joindre les deux bouts en envoyant un peu d’argent à ma famille. Je n’ai jamais suivi de formation à la sécurité, je n’ai reçu aucun équipement et je n’ai jamais eu de visite médicale. Jusqu’à présent, je n’ai reçu que 400 euros en espèces; il me manque encore 1100 euros sur les 1500 euros convenus le mois dernier. »

Des sacs facturés 100 euros vendus officiellement jusqu’à 1900 euros

Un autre gagne «800 euros par mois» pour les mêmes longues journées de travail. «Je me sens exploité, mais je dois travailler. L’année prochaine, je chercherai un autre emploi.»

Un autre Pakistanais décrit ainsi le propriétaire de l’entreprise: «Le seul mois où j’ai été payé, il m’a versé 200 euros par virement et 750 euros en espèces. Je me sens exploité car je travaille 10 heures par jour sans être payé en conséquence. J’ai besoin d’argent pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille.»

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Une semaine plus tard, le parquet a perquisitionné une autre usine à Scandicci, où 10% du personnel travaillait au noir et où les dispositifs de sécurité avaient été retirés des machines. Plusieurs sacs Tod’s y étaient fabriqués, facturés par les fabricants entre 100 et 150 euros et vendus officiellement en ligne jusqu’à 1400 ou 1900 euros.

Ces dernières semaines, le gouvernement italien d’extrême droite est monté au créneau pour défendre les marques de luxe nationales, le ministre de l’Industrie Adolfo Urso (Fratelli d'Italia, le parti de la première ministre Giorgia Meloni) n’hésitant pas à déclarer que celles-ci faisaient l’objet d’une «attaque».

Jeudi 04 décembre 2025, 15h31 - LIRE LA SUITE
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