
Le centenaire genevois, ancien associé de la banque Lombard Odier et mécène, partage son regard sans concession et ses inquiétudes sur le pays qu’il a tant aimé jeune. Il s’inquiète des dérives possibles engendrées par l’intelligence artificielle: «Est-on dans la rêverie ou dans une sorte de folie collective?» demande-t-il. Et il livre une part des secrets qui lui ont permis d’atteindre en pleine forme son âge mythique
Il n’y avait plus un bruit dans l’auditoire. Le 3 septembre 2025, lors de l’inauguration du nouveau siège de la banque Lombard Odier, Yves Oltramare a pris la parole devant le parterre d’invités, quelques jours avant son centième anniversaire. Debout, la voix claire, le propos frappant, il partagea un regard précis et sans concession sur le paysage géopolitique, présent et passé. Il a été associé de cette banque privée pendant vingt-quatre ans. Fils d’un médecin et d’une femme issue d’une grande famille genevoise, il débarque un peu par hasard dans le monde de la finance, aux Etats-Unis, alors que ses parents ont tout perdu dans la Grande Dépression.
La banque n’est pourtant qu’une petite partie de sa vie, lui pour qui le parcours spirituel semble avoir compté au moins autant que la carrière professionnelle. Une démarche personnelle, mais aussi une volonté de la partager. Le mécène initie en 2012 une chaire en religion et politique au Geneva Graduate Institute. Il y a 6 ans, il lance le programme «A ciel ouvert – Science et spiritualité» à l’Université de Genève pour créer une interface entre ces deux mondes et encourager les échanges entre tous les publics. Yves Oltramare est une personnalité pétillante, «rencontreur d’Homme», comme il se définit lui-même, et, à l’évidence, amoureux de la vie.
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