
Face à une clientèle de plus en plus regardante, Coop doit s’adapter aux prix de la concurrence. Le géant de la distribution a amélioré son bénéfice en 2024 et affirme gagner des parts de marché
La guerre des prix dans le commerce de détail ne laisse personne indifférent. Tout comme Migros, Coop dit ajuster régulièrement ses tarifs pour faire face à la concurrence des allemands Aldi et Lidl en Suisse. Du moins dans son assortiment le plus accessible, Prix Garantie, comportant environ 1500 articles de marque distributeur.
«Si les discounters descendent les prix, nous faisons la même chose», a déclaré le directeur général Philipp Wyss, lors de la conférence de presse annuelle du groupe organisée mardi 18 février dans un supermarché situé à Bachenbülach, dans la campagne zurichoise. Pour se tenir informé des actes de la concurrence, Coop recourt notamment à une start-up qui scanne l’assortiment disponible en ligne mais envoie également des collaborateurs et collaboratrices relever les tarifs manuellement, a indiqué au Temps un employé du groupe, tout en précisant que les prix peuvent être ajustés dans un délai de 24 heures.
Par ailleurs, la coopérative bâloise affirme avoir déjà baissé les prix de plus de 2400 références en 2024 et devrait en réduire davantage cette année. «La semaine prochaine, nous diminuerons les tarifs de 100 autres articles», assure son patron.
Migros a également lancé en fin d’année dernière une campagne de promotion visant 1000 produits d’ici à fin 2025. Quelque 500 millions de francs doivent être investis au cours des cinq prochaines années dans le cadre de cette stratégie. Mais que ce soit chez Coop ou Migros, il est difficile de vérifier ces promesses de rabais car des listes détaillées ne sont pas fournies.
Marque Prix Garantie très demandée
Malgré le ralentissement de l’inflation, les consommateurs continuent de surveiller de près leurs dépenses. La progression du chiffre d’affaires de la marque distributeur Prix Garantie en est la preuve: l’assortiment a vu ses ventes se renforcer de 7,7% en 2024 alors que les revenus globaux générés par les supermarchés n’ont gagné que 2% à 12,1 milliards de francs. Chez Migros, les recettes des magasins sont en revanche restées quasi stables à 12,7 milliards de francs ( 0,3%). Les deux conglomérats comptent à peu près 40 000 articles dans leur assortiment.
Même si Migros et Coop le réfutent régulièrement, cette guerre des prix a par ailleurs un impact négatif auprès des fournisseurs. «On observe que nos grands clients tels que Migros, Aldi, Coop et Lidl cherchent à développer en particulier leurs assortiments d’entrée de gamme et nous sommes affectés par cette évolution», a confié au Temps un sous-traitant préférant garder l’anonymat.
Et malgré la grande demande pour les marchandises les moins chères, la clientèle ne délaisse pas pour autant les articles bios chez Coop: cette catégorie a vu ses recettes progresser de 3,2% en 2024.
Hausse du bénéfice
Lors de la conférence de presse, le bâlois a en outre annoncé avoir amélioré son bénéfice net annuel à 585 millions de francs, soit 10 millions de plus qu’il y a un an. Le chiffre d’affaires total du groupe, déjà communiqué auparavant, a gagné 1,1% à taux de change constant, à 34,9 milliards de francs.
Quant à la division commerce de détail, qui, outre les grandes surfaces, comprend également des enseignes comme Interdiscount, Coop Pronto et Jumbo, elle a vu ses recettes stagner à 20,8 milliards de francs.
«Les supermarchés et les magasins spécialisés ont gagné des parts de marché en 2024», a en outre déclaré Philipp Wyss. Celui qui a commencé sa carrière dans le commerce de détail comme apprenti a aussi indiqué que la cession par Migros de certaines de ses marques, comme Melectronics, bénéficiait à Coop.
Par ailleurs, le distributeur bâlois, qui talonne son rival et pourrait devenir le numéro un du commerce de détail en Suisse, a renforcé ses effectifs à 97 040 personnes, une augmentation de près de 1200 employés. Migros, pour sa part, comptait près de 100 000 collaborateurs avant sa restructuration entamée en 2024, mais quelque 1500 postes doivent être biffés à terme. Plus de 5000 emplois disparaîtront aussi à la suite de la vente des différentes filiales.