
Le géant du luxe a annoncé mardi avoir racheté comme prévu les trois magazines français. Il assure vouloir assurer leur «pérennité»
Le géant du luxe LVMH a annoncé mardi avoir racheté comme prévu les magazines Challenges, Sciences et Avenir ainsi que La Recherche, dont il veut assurer «la pérennité», selon un communiqué.
L’homme d’affaires Claude Perdriel, qui en était l’actionnaire majoritaire jusqu’alors, avait convenu de cette cession, pour un euro symbolique. Il s’est ainsi retiré de la presse à l’âge de 99 ans, après soixante années dans cet univers.
Propriété du milliardaire Bernard Arnault, LVMH était entré dès 2020 à hauteur de 40% au capital des Éditions Croque Futur, qui publient les trois titres.
Développement sur le numérique
«Cette acquisition permettra aux Éditions Croque Futur de dynamiser le développement et la diffusion de ses trois titres, notamment sur le numérique, et de contribuer ainsi à leur pérennité», affirme LVMH. Le groupe a aussi la volonté de «promouvoir une information de qualité et la culture scientifique ainsi que sa vulgarisation».
«Notre objectif commun sera d’entamer notre redressement économique dans un marché de la presse plus difficile et complexe que jamais», souligne de son côté Maurice Szafran, conseiller de Claude Perdriel tout juste nommé président des Éditions Croque Futur et directeur de la publication des trois titres. «Avec le soutien actif de LVMH, ces défis collectifs deviennent atteignables», ajoute-t-il dans un message aux rédactions.
LVMH détient déjà, entre autres, le groupe Les Échos-Le Parisien, qui comprend les quotidiens éponymes et Radio Classique. Il a aussi racheté cette année la totalité du quotidien libéral L’Opinion et du site d’actualité financière L’Agefi, dont il détenait déjà des parts.
Justice saisie
L’ONG Reporters sans frontières et des syndicats de journalistes ont saisi en décembre la justice administrative et l’Autorité de la concurrence pour examiner les conséquences du rachat de Challenges.
En novembre, les rédactions de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche avaient demandé à Bernard Arnault, sans succès selon elles, de signer leurs «chartes d’indépendance» sous leurs formes actuelles.
Entre juillet 2024 et juin 2025, l’hebdomadaire Challenges s’est écoulé en moyenne à 135 000 exemplaires et le mensuel Sciences et Avenir à 175 000 exemplaires, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). La Recherche est un trimestriel.