
Une entreprise de soins à domicile de la région de Zurich a récemment exclu d’une petite annonce toute personne entre 18 et 29 ans. L’offre a depuis été modifiée, mais le tollé a fait tache d’huile. Reste une question: les jeunes sont ils aussi paresseux au travail que les clichés ne le prétendent?
C’est une rengaine vieille comme le monde: plus personne ne veut travailler. Un poncif que l’on peut lire au fil des décennies dans des articles de presse, remontant même jusqu’à 1894. Cette supposée fainéantise se retrouve en 2026 dans une offre d’emploi d’une entreprise de soins à domicile de la région zurichoise publiée sur le site Jobs.ch – et depuis retirée –, questionnant l’éthique de travail de la jeune génération. Recherche «responsable d’équipe soins avec cœur et bon sens», à temps plein et en CDI, mais avec une précision qui fait polémique: «Pas de génération Z!», et pas de mentalité à «se faire porter pâle le lundi ou le vendredi», rapportait la NZZ am Sonntag dimanche dernier.
Une discrimination basée sur l’âge et sur des stéréotypes qui collent à la peau d’une génération aux aspirations différentes des précédentes, cherchant notamment un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Et ce, sur un marché du travail où émergent de nouvelles tendances, comme le quiet quitting, ou démission silencieuse (le fait de faire le minimum au bureau), la prépondérance du télétravail ou le refus de postes à responsabilité. Assez pour en tirer des généralités? Anthony Caffon, associé chez Page Executive, cabinet de recrutement (groupe Page), réfute ce genre de clichés: «Au sein d’une même tranche d’âge, il y a autant de personnalités et de rapports au travail que d’individus. On ne peut pas mettre toute la génération Z dans la même case», prévient-il d’emblée.
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