
La compagnie à croix blanche a réalisé un premier semestre nettement plus rentable que son propriétaire allemand, qui a terminé fin juin sur une perte opérationnelle. De quoi alimenter les tensions sur l’érosion progressive de la liberté d’action en Suisse
Les chiffres ne mentent pas. Sur les six premiers mois de l’année, publiés mardi matin, Swiss apparaît nettement plus rentable que sa maison mère Lufthansa. La compagnie à croix blanche affiche un chiffre d’affaires en hausse de 3,2% à 2,77 milliards de francs et un résultat opérationnel de 189 millions de francs, en légère baisse de 3% en comparaison annuelle. Son propriétaire allemand a rentré 19,9 milliards d’euros (18,5 milliards de francs), mais terminé le semestre sur une perte opérationnelle de 229 millions d’euros, soit un recul de 56%. Un reflet très direct de la flambée du kérosène, dont les prix sont montés de près de 50% depuis le blocage d’Ormuz.
Comment comprendre une telle différence? Philippe Meyer, expert du secteur de l’aviation à Genève, livre son explication: «Swiss a pu augmenter davantage ses tarifs sur certains marchés grâce à une clientèle à fort pouvoir d’achat et à une demande soutenue. La compagnie a également bénéficié d’une gestion financière prudente, notamment en matière de couverture du prix du carburant. Toutes les compagnies pratiquent ce type de couverture, mais leur stratégie diffère selon le niveau de protection recherché, les moyens financiers disponibles et leur politique de gestion des risques.»
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