
L'ex-président de la banque centrale américaine s'exprimait dimanche pour la première fois en public depuis la passation de pouvoirs avec Kevin Warsh. Il a obtenu, à Boston, le «prix du courage» en politique pour avoir «défendu l'indépendance» de l'institution face aux assauts de Donald Trump
L'ex-président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, a défendu dimanche l'indépendance et la crédibilité de l'institution, cible des pressions du président américain Donald Trump pour baisser les taux d'intérêt. Il a reçu le «prix du courage».
«Si un gouvernement trouve un moyen de révoquer des responsables de la Fed pour des désaccords de politique [monétaire], alors les futurs gouvernements le feront aussi», a-t-il averti, dans une allusion à peine voilée aux tensions avec l'exécutif de Donald Trump. «Le public perdrait foi dans le fait que la banque centrale prend ses décisions en fonction du seul intérêt de tous les Américains», a ajouté Jerome Powell, qui vient de céder les rênes de l'institution à Kevin Warsh, plus proche de la Maison-Blanche.
Courage face aux menaces et attaques du gouvernement
L'ancien président de la Fed s'exprimait dimanche pour la première fois en public depuis cette passation de pouvoirs, à l'occasion de la réception d'un «prix du courage» en politique, obtenu pour avoir «défendu l'indépendance» de l'institution face aux assauts de Donald Trump.
Ce prix lui a été remis à Boston (nord-est des Etats-Unis) par la fondation qui gère la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy, du nom de l'ex-chef de l'Etat démocrate assassiné en 1963, auteur d'un livre appelé Le Courage dans la politique.
L'organisation crédite Jerome Powell d'avoir «défendu l'indépendance de la Réserve fédérale, qui est essentielle à la stabilité de l'économie mondiale, malgré des années d'attaques personnelles et de menaces émanant des plus hautes sphères du gouvernement».
«Un test de résistance» pour la Fed
Dans son allocution, Jerome Powell a défendu la neutralité et l'indépendance de l'institution: «Nous ne tenons pas compte du sort d'un quelconque parti politique ou d'un quelconque responsable politique dans la prise de ces décisions», a déclaré celui qui est redevenu simple gouverneur de la banque centrale. «Comme beaucoup d'autres institutions, la Fed traverse un test de résistance» dans la période actuelle, a-t-il ajouté.
Jerome Powell a été très vite pris en grippe par Donald Trump, qui l'avait pourtant nommé à la tête de la Fed en 2018. Le républicain, qui veut des taux d'intérêt plus bas pour stimuler l'économie, a multiplié les injures et les mises en cause depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.
Il a tenté d'accélérer le départ de Jerome Powell et de révoquer une de ses collègues, Lisa Cook, seule femme noire à être devenue gouverneure de la Fed.