
Les contrats passés avec xAI, OpenAI, Anthropic et GOOGLE doivent répondre «à des défis cruciaux pour la sécurité nationale». Dans le cas de xAI, objet de polémiques, le partenariat avec le ministère de la Défense s'inscrit dans le cadre du lancement de Grok for Government
La start-up d'intelligence artificielle (IA) xAI a passé un contrat avec le ministère américain de la Défense (DoD) pour lui fournir son assistant d'IA générative, objet de plusieurs polémiques ces derniers jours.
Après cette annonce de xAI sur X, le ministère de la Défense a indiqué s'être également entendu avec les grands concurrents OpenAI, Anthropic et GOOGLE pour «accélérer» dans l'IA et répondre «à des défis cruciaux pour la sécurité nationale», selon un communiqué. Chacun des quatre contrats prévoit un plafond de 200 millions de dollars. Le DoD entend «transformer», grâce à l'intelligence artificielle, «ses capacités de soutien aux combattants» et «préserver un avantage stratégique sur (ses) adversaires».
Dans le cas de xAI, le partenariat s'inscrit dans le cadre du lancement d'une offre dédiée au gouvernement et institutions publiques, baptisée Grok for Government.
Le gouvernement et le secteur de la défense sont considérés comme un possible moteur de croissance pour les géants de l'IA. Meta s'est associé avec la start-up Anduril pour développer des casques de réalité virtuelle pour soldats et forces de l'ordre, tandis qu'OpenAI a décroché, mi-juin, un premier contrat de prestation d'IA pour l'armée américaine
Grok, objet de polémiques
Mis en ligne fin 2023, Grok fait régulièrement parler de lui pour ses dérapages. Après une mise à jour, le 7 juillet, le chatbot a, dans certaines de ses réponses, fait l'éloge d'Adolf Hitler, dénoncé des «stéréotypes anti-blancs» sur X ou la représentation «disproportionnée» des juifs à Hollywood. xAI s'est excusée samedi pour ces messages extrémistes et injurieux, annonçant avoir corrigé les instructions qui avaient mené, selon la société, à ces sorties de route.
Par ailleurs, un journaliste de l'AFP a constaté, comme d'autres publications, que la nouvelle version du chatbot, Grok 4, présentée mercredi, consultait dans plusieurs cas les positions d'Elon Musk sur le sujet abordé avant de répondre.
Tensions entre Trump et Musk
Le contrat entre xAI et le ministère de la Défense intervient sur fond de brouille entre Elon Musk et Donald Trump.
Les deux hommes s'étaient rapprochés lors de la dernière campagne présidentielle et le milliardaire républicain avait confié, après son investiture, à Elon Musk la gestion d'une commission spéciale dédiée à l'identification de sources d'économie au sein de l'administration. Après avoir mis fin à sa mission, en mai, l'entrepreneur d'origine sud-africaine a publiquement critiqué le grand projet de loi budgétaire de Donald Trump, car il devrait creuser la dette publique.
Le président et l'homme d'affaires se sont livrés à un très vif échange sur les réseaux sociaux et par déclarations publiques, avant qu'Elon Musk ne s'excuse pour certains de ses messages.