
Les deux conglomérats n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour créer la plus grande entreprise minière du monde. Basé à Zoug, Glencore estime qu’il aurait été minorisé dans le nouvel ensemble
Le géant minier suisse Glencore et son concurrent anglo-australien RIO TINTO ORD ont annoncé jeudi la fin des discussions sur leur projet de fusion, qui aurait donné naissance à la plus grande entreprise du secteur, un an après l’échec de précédents pourparlers.
Rio Tinto, qui avait légalement jusqu’à 18h (heure suisse) pour formuler une offre, a expliqué dans un communiqué qu’il «ne considère plus une éventuelle fusion ou autre opération de rapprochement», jugeant qu’il n’est «pas possible de parvenir à un accord qui créerait de la valeur pour ses actionnaires», sans donner plus d’explications.
«Les deux parties n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les termes d’un rapprochement», a confirmé Glencore dans sa propre communication. «Les principaux termes de l’offre envisagée prévoyaient que RIO TINTO ORD conserve les fonctions de président et de directeur général, ainsi qu’une répartition du capital du groupe combiné qui, selon nous, sous-évaluait de manière significative la contribution relative de Glencore à la valeur du nouvel ensemble», a ajouté le groupe suisse.
Chute boursière
Le titre du géant minier suisse Glencore perdait plus de 8% jeudi à la Bourse de Londres et son concurrent anglo-australien RIO TINTO ORD, également coté dans la capitale britannique, près de 3%, après l'annonce de l'échec de leur projet de fusion, qui aurait donné naissance à la plus grande entreprise du secteur.
Le cours de Glencore, déjà en recul dans une séance baissière pour les valeurs liées aux métaux, a brusquement chuté lorsque RIO TINTO ORD a annoncé qu'il renonçait à faire une offre.
Le rôle du cuivre
L’opération aurait fait émerger un mastodonte valorisé à 260 milliards de dollars (223 milliards d’euros) sur un secteur en pleine consolidation. En combinant leurs forces, les deux entreprises – toutes deux cotées à Londres, mais aussi en Australie pour RIO TINTO ORD – auraient renforcé leur capacité à acquérir des ressources en cuivre, un métal dont la demande explose avec la montée des dépenses de défense, le développement des énergies renouvelables et la croissance des centres de données liés à l’IA. RIO TINTO ORD était particulièrement intéressé par les riches ressources en métal rouge exploitées par Glencore, au moment où son prix bat record sur record.
Mais selon le groupe suisse, l’offre envisagée ne valorisait justement «pas correctement» cette activité, «son important potentiel de croissance et la valeur substantielle des synergies envisageables». «Nous avons conclu qu’une acquisition sur cette base n’était pas dans l’intérêt des actionnaires», explique Glencore.
Il y a un an, de précédents pourparlers sur un projet de fusion entre les deux groupes avaient échoué, déjà en raison de divergences. En novembre, le géant australien BHP a renoncé à son projet de rachat du britannique Anglo American, qui aurait créé le numéro un du cuivre. Mais Anglo American est, lui, en passe d’obtenir le feu vert de l’UE pour fusionner avec le Canadien Teck Resources, une opération qui mettrait la pression sur les autres acteurs du secteur.