La société pionnière du cœur artificiel Carmat admet qu’elle va être liquidéeFin d’une saga de la medtech: la compagnie qui a réussi à créer un cœur artificiel arrive à sa fin, les actionnaires et les créanciers perdront presque toutes leurs billes Fin de la saga française du cœur artificiel. La liquidation judiciaire de Carmat, qui doit être prononcée par un tribunal de la région parisienne le 14 octobre, est un scénario «extrêmement probable» juge mercredi matin la direction de l’entreprise française conceptrice d’un cœur artificiel. L’entreprise au bord de la faillite souligne dans un communiqué que «dans ce cas, compte tenu du niveau du passif de la société, il est hautement probable que ses actionnaires subiront la perte intégrale de leur investissement, tandis qu’une grande partie des créanciers […] subiront une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances». Car «à ce stade», il est «extrêmement probable que le tribunal [des affaires économiques de Versailles] sera amené, le 14 octobre, à prononcer la liquidation judiciaire de la société» qui compte 130 employés, «dont les activités alors cesseront». Cette liquidation sera suivie de la radiation de ses actions cotées à la Bourse de Paris, dont le cours est actuellement suspendu, sur le compartiment Euronext Growth, rappelle-t-il. La direction de la société s’exprimera à nouveau via un communiqué, une fois connu le résultat de la prochaine audience au tribunal, fixée au 14 octobre, dit-elle. En juin 2025: Pas de miracle pour les cœurs artificiels de Carmat, la société française est en cessation de paiements La société suit ses patientsCarmat précise à nouveau que le «support des patients» à qui a été implanté son cœur artificiel est «sa priorité» et «s’efforcera donc de faire en sorte que celui-ci soit assuré même en cas de liquidation judiciaire sans poursuite d’activité». Lundi, l’unique offre de reprise du pionnier déchu de la technologie médicale n’avait pas été confirmée, à la veille d’une audience décisive pour sa survie au tribunal. Cette offre déposée fin juillet par Pierre Bastid, président du conseil d’administration de Carmat et actionnaire à hauteur d’environ 17%, via sa société de gestion de patrimoine familial Hougou, avait été reconnue «caduque», faute de financements. L’homme d’affaires n’a pas été en mesure de trouver les quelque 150 millions d’euros nécessaires à la poursuite de l’activité. «On a sauvé Notre-Dame, on peut sauver Carmat»: l’appel du fondateur«C’est un gros gâchis» et «une grosse frustration» pour les 130 employés de Carmat, mais l’entreprise continuera à suivre les 23 patients actuellement implantés «le mieux possible» en les accompagnant jusqu’à la transplantation, a déclaré lundi devant le tribunal le fondateur Stéphane Piat, qui garde l’espoir que l’entreprise puisse encore être sauvée avant une requête en liquidation. «On a sauvé Notre-Dame, on peut sauver Carmat», a-t-il lancé dans un ultime appel adressé à des «capitalistes français» et «aux familles les plus connues». Lire aussi: Greffe de cœur artificiel, une prouesse chirurgicale encore (trop) rare? Créée en 2008, elle a traité 122 patientsCréée en 2008 et entrée en Bourse en 2010, Carmat a conçu un cœur artificiel destiné aux patients qui souffrent d’insuffisance cardiaque terminale dans l’attente d’une transplantation. A ce jour, 122 patients ont été traités avec ce dispositif. «On commençait à assembler une nouvelle prothèse pour une solution permanente», mais «il n’y a pas de capitaux en Europe pour la biotech et la medtech», a répété le dirigeant. «On se fait dépouiller», résume la vice-présidente de l’association des actionnaires minoritaires de Carmat (Aamidca), racontant avoir perdu 77 000 euros dans ce dossier et que deux autres ont vu s’envoler plus de 130 000 euros de leurs économies investies dans le projet. Un coût élevé et un dispositif lourdAprès des hauts et de bas liés à des défaillances, l’appareil destiné à des patients souffrant d’insuffisance cardiaque terminale, a évolué et subi des corrections, mais le projet s’est heurté à la réalité économique. Le coût très élevé du dispositif et son utilisation restreinte à un nombre limité de patients ont fini par rendre son modèle économique intenable. Un obstacle majeur freinait l’élargissement du marché: le patient devait rester relié à un câble sortant de l’abdomen, connecté à des batteries externes qu’il fallait recharger. Mercredi 01 octobre 2025, 14h00 - LIRE LA SUITE
|
Bons Plans Investissement et Trading
Recevez sur votre messagerie notre sélection des bons plans en investissement et trading :
Palmarès sur une semaine
|