
L’or est la principale ressource qui finance la guerre au Soudan. Le précieux métal est en général acheminé vers les Emirats arabes unis, un partenaire de plus en plus important pour la Suisse
Le 26 octobre dernier, les Forces de soutien rapide (FSR) prenaient El-Fasher, au Darfour, dans l’ouest du Soudan. Depuis, les témoignages de massacres dans cette ville se multiplient. Cette conquête, qui risque de faire redoubler la guerre au Soudan, déjà qualifiée par l’ONU de pire crise humanitaire au monde, n’aurait pas été possible sans le soutien des Emirats arabes unis (EAU). En échange de leur appui militaire aux FSR, les EAU récupèrent l’or des mines que contrôlent ces paramilitaires qui se sont retournés en avril 2023 contre l’armée soudanaise. Cette dernière exporte aussi de l’or à Dubaï. Le métal jaune est la principale ressource du pays.
Ces derniers jours, les EAU ont brièvement publié sur un portail de l’ONU leurs statistiques pour ce commerce de l’or. Une publication éphémère qui n’a pas échappé à l’ONG suisse Swissaid, qui dénonce depuis des années la place financière de Dubaï. «En 2024, les EAU ont importé 29 tonnes d’or directement du Soudan, contre 17 tonnes en 2023, ainsi que des quantités importantes transitant par les pays voisins, portes de sortie de l’or contrôlé par les FSR», détaille mardi un communiqué de presse de l’ONG.
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