
La Suisse demeure un Sonderfall avec une évolution très contenue des prix à la consommation. L’inflation s’est réduite de 0,1%, passant à 0,4% en juillet. Le recul mensuel s’explique en particulier par la baisse des prix des carburants et du transport aérien
L’inflation en Suisse s’est une nouvelle fois amenuisée au mois de juillet, passant à 0,4% sur un an, contre 0,5% en juin et 0,6% en mai. En glissement mensuel, les prix à la consommation ont reculé de 0,1%, indique lundi l’Office fédéral de la statistique (OFS) dans son point de situation mensuel.
Arthur Jurus, responsable de l’investissement chez Oddo BHF Suisse, relève dans sa note du jour: «La divergence entre les services ( 0,9%) et les biens (-0,5%) montre que la demande intérieure demeure insuffisante pour générer une inflation durable. La Suisse continue ainsi de se distinguer des autres économies développées par un environnement de prix remarquablement stable.»
Le tassement constaté sur un mois s’explique par une normalisation des prix des transports aériens et des carburants automobile. La période des soldes a de son côté affecté les prix des vêtements et chaussures, relèvent les statisticiens fédéraux. Parahôtellerie, mazout, location de voitures et autopartage ont en revanche renchéri.
Gains de productivité transmis en partie aux salaires
La chute de 1,1% sur un mois des prix pour les produits importés ramène leur évolution à zéro sur un an, tandis que les produits indigènes ont renchéri de 0,5% depuis juillet 2025. «Le franc suisse continue ainsi de jouer son rôle traditionnel d’ancrage de la stabilité des prix», souligne l’économiste d’Oddo. L’expert explique ce support par la «diffusion progressive» de la «désinflation continue du franc fort»: «La productivité du travail suisse progresse d’environ 1% par an depuis 2008, mais ces gains ne se transmettent que partiellement aux salaires réels, limitant les pressions sur les coûts.»
L’appréciation du franc réduit également rapidement le coût des biens importés, «mais sa transmission reste incomplète en raison du poids des services et des loyers dans l’indice des prix», toujours selon Arthur Jurus.
Stables sur un mois, les prix des logements conservent une avance de 1,4% en glissement annuel. «Hors logement, l’inflation tombe à 0,1%, illustrant que la dynamique actuelle reflète avant tout des contraintes structurelles sur le marché immobilier plutôt qu’une surchauffe de l’économie», complète Oddo.
Et de conclure que la Banque nationale suisse conserve dans ce contexte une «large marge de manœuvre»: «Le taux directeur est resté inchangé à 0% et les dernières données d’inflation confortent cette stratégie.»