
Après 57 ans au sein de l’entreprise, l’Autrichien a informé le conseil d’administration qu’il renonçait à son titre de président émérite, a révélé la «NZZ» ce mardi. Ce départ marque la fin d’une ère pour le géant veveysan
Président émérite de Nestlé, Peter Brabeck a décidé de renoncer à ce titre, a indiqué la multinationale vaudoise mardi soir à l’agence AWP, confirmant une information de la NZZ. Ce renoncement intervient à un moment où l’entreprise entame un nouveau chapitre sous une nouvelle direction.
Dans un communiqué publié en soirée, le président du conseil d’administration de Nestlé, Pablo Isla, a rendu hommage à la carrière de Peter Brabeck: «Peter est l’une de ces personnalités dont la vision et l’engagement ont laissé une empreinte durable sur notre entreprise. En tant que président émérite, il a suivi de près l’évolution de la société, avec un intérêt sincère, et je suis certain que Peter restera un ami précieux de Nestlé.»
Ressortissant autrichien, Peter Brabeck est entré chez Nestlé en 1968. De 1997 à 2008, il a dirigé le groupe en tant que directeur général. De 2005 à 2017, il en a présidé le conseil d’administration. Depuis, il portait le titre de président émérite qu’il abandonnera à l’occasion de l’assemblée générale du 16 avril 2026. Son apport le plus déterminant reste la transformation qu’il a engagée, faisant évoluer Nestlé d’un producteur alimentaire traditionnel vers une entreprise axée sur la nutrition, la santé et le bien-être.
Crise sans précédent
«Il y a désormais chez Nestlé une nouvelle équipe et un nouveau président honoraire qui veulent repartir de zéro. Je ne suis donc plus nécessaire», a indiqué à la NZZ Peter Brabeck. Celui-ci n’a pas souhaité commenter les raisons profondes de son départ. Selon les informations du quotidien zurichois, elles seraient toutefois liées aux événements des derniers mois.
Habituellement très stable, le géant veveysan a traversé une période extrêmement agitée: le 1er septembre, le patron Laurent Freixe a été licencié après moins d’un an en fonction. Le Français a été rattrapé par une relation amoureuse non divulguée avec une collaboratrice directement subordonnée.
Deux semaines plus tard, le président du conseil d’administration Paul Bulcke a lui aussi annoncé sa démission anticipée. Acculé, le Belge avait perdu la confiance des grands actionnaires après le deuxième renvoi d’un directeur général en l’espace d’un an. Le fait que l’action Nestlé ait perdu beaucoup de valeur ces dernières années ne l’a pas aidé.
Malgré ce départ sans gloire, Paul Bulcke s’est vu décerner le titre de président honoraire, ce qui le hisse presque au même rang que son prédécesseur, Peter Brabeck. D’après la NZZ, cette décision n’aurait pas été du goût de ce dernier. Depuis septembre, Nestlé est dirigé par un nouveau duo: Pablo Isla à la présidence et Philipp Navratil au poste de directeur général. Peter Brabeck aurait apparemment fini par estimer qu’il n’avait plus réellement sa place dans la nouvelle structure du groupe.