
Selon le directeur général de Breitling, les Etats-Unis n’ont pas besoin de protéger leur fabricants de montres, parce que le secteur reste anecdotique dans le pays. Dans la «NZZ am Sonntag», il plaide pour une exemption de droits de douane
Pour Georges Kern, «les droits de douane relèvent du protectionnisme, mais il existe des secteurs que les Américains n’ont pas besoin de protéger, car ils n’en ont tout simplement pas». Interrogé dans la NZZ am Sonntag, le directeur général et copropriétaire de Breitling insiste: «Les montres suisses en font partie. Il serait juste d’exempter ces secteurs des droits de douane.» Selon lui, pareille exception profiterait à la fois aux consommateurs, qui bénéficieraient de prix plus bas, aux entreprises, dont la charge fiscale serait allégée, et aux manufactures américaines, qui pourraient investir davantage. Selon Georges Kern, «le marché américain est le seul qui soit en plein essor».
Ces derniers mois, malgré les droits de douane, Georges Kern et Breitling ont massivement investi aux Etats-Unis. Comme d’autres, ils ont déjà obtenu le remboursement intégral des tarifs imposés par le président Donald Trump en 2025, et qui ont été invalidés par la Cour suprême en février dernier. Depuis vendredi, les fabricants suisses savent que leurs exportations vers les Etats-Unis seront désormais taxées à 12,5%. Pour Georges Kern, «nous subissons les droits de douane américains depuis un an maintenant et on finit par s’y habituer». Il ajoute: «Nous devons accepter et nous concentrer sur la mise en œuvre d’améliorations progressives et pragmatiques. L’important, c’est d’avoir deux ans de calme pour pouvoir planifier sereinement.»
«Cette mesure alourdit le coût de la vie des Américains»
Georges Kern a déjà plaidé la cause des montres suisses en juin dernier, dans le magazine américain Newsweek. Il y soutient que les droits de douane sur les produits qui ne peuvent pas être fabriqués aux États-Unis sont «absurdes». Il écrit notamment: «Cette mesure alourdit le coût de la vie des Américains sans pour autant stimuler la création d’emplois et le développement des capacités industrielles souhaités par le président Trump.» Il rappelle aussi que l’administration a déjà exempté de droits de douane le whisky écossais et le café. Avec ses capsules produites en Suisse, le géant agroalimentaire Nestlé tire un avantage considérable de cette exception.
Le travail de lobbyisme a débuté il y a plus d’une année, avec les premières déclarations de Donald Trump sur le sujet. Président de la Fédération suisse de l’industrie horlogère, Yves Bugmann indique: «Nous militons depuis longtemps pour une exemption des droits de douane américains sur les montres suisses et nous espérons que nos efforts aboutiront». Pour lui, les quelques fabricants de montres artisanales installés aux États-Unis tireraient aussi profit de pareille exception, parce qu’ils achètent généralement leurs composants à l’étranger, et souvent en Suisse.
Par ailleurs, selon la NZZ am Sonntag, le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) et sa directrice Hélène Budliger Artieda travaillent eux aussi sur une exemption de taxe pour l’industrie horlogère. Le Service de communication du Seco ne confirme pas. Il répond: «D’éventuelles négociations ultérieures ne sont jamais totalement exclues, mais aucune procédure formelle n’est prévue à ce jour. »