
Les milliers d’usines de Tiruppur, dans l’Etat du Tamil Nadu, sont en première ligne face aux barrières douanières de 50% imposées à l’Inde par Donald Trump. Les industriels espèrent un accord de libre-échange avec l’Union européenne pour éviter des licenciements massifs
Les postes de couture et d’expédition de VPR Exports sont aux trois quarts désertés. Trois quarts, comme la part d’activité qui s’est évanouie dans cette usine depuis que Donald Trump a entériné des taxes de 50% sur les produits indiens, le 27 août. «80% de nos exportations partaient vers les Etats-Unis, mais tous ces contrats se sont soudainement interrompus», se lamente Ponnusamy, propriétaire de cet atelier textile. «Les clients américains n’ont pas les moyens de payer ces taxes. Quant à moi, je fais 10% de marge, il m’est impossible de les compenser.»
Quelques ouvriers s’affairent encore dans les trois étages de l’usine. «Je réduis leur temps de travail et les laisse terminer cette commande de vêtements en coton bio pour bébés, que je ne pourrai sans doute pas vendre», poursuit Ponnusamy, qui aimerait protéger les emplois de ses 60 salariés. «Si la situation dure, je n’aurai cependant pas le choix: dans quelques semaines, je vais devoir licencier la plupart d’entre eux.» Une ouvrière, un peu timide, se dit inquiète: «Je ne sais pas ce qui se passe avec les Etats-Unis, mais le travail ralentit pour nous tous et nos revenus diminuent.»
Voir plus