Source : LeTemps.ch (il y a 10 heure(s) ) A Davos, les géants de l’intelligence artificielle affirment que leurs technologies doivent être adoptées plus vite encoreMardi, les directeurs de MICROSOFT, GOOGLE DeepMind et Anthropic étaient sur scène, pour réaffirmer le potentiel gigantesque de leurs services et pour avertir d’un impact sur l’emploi. Mais également pour alerter sur la montée de la puissance de la Chine Ralentir? C’est totalement exclu. Au contraire, pour que l’intelligence artificielle (IA) ait réellement un impact positif sur la société dans son ensemble, son adoption doit être plus rapide encore. Quitte à ce que cela cause des dégâts sur l’emploi ces prochaines années. Voilà, en substance, le message qu’ont voulu faire passer les «seigneurs» de la Silicon Valley. Mardi, plusieurs d’entre eux sont montés sur scène dans le cadre du Forum économique mondial à Davos: Satya Nadella, directeur de MICROSOFT, Dario Amodei, directeur d’Anthropic et Demis Hassabis, directeur de GOOGLE DeepMind. Le premier est un acteur central du monde de l’IA: via son service Copilot, insufflé dans tous les services de MICROSOFT, et via OpenAI, dont sa multinationale détient 27% du capital. «L’IA a fait des progrès énormes en si peu de temps: elle a d’abord permis de coder sur instruction, puis via des conversations naturelles, puis on a commencé à lui confier de petites tâches. Aujourd’hui, on voit apparaître des agents plus autonomes: on peut leur donner un projet et les laisser travailler 24h/24. Certes, il reste du chemin pour que tout cela demeure cohérent sur le long terme, mais ça s’améliore toujours avec une supervision humaine», a affirmé Satya Nadella. «Il faut des bénéfices visibles»Pour le directeur de MICROSOFT, l’objectif, c’est d’«augmenter la productivité, partout. Si l’IA ne change pas concrètement la vie des gens, dans tous les pays et dans tous les domaines économiques, alors tout cela n’a pas de sens. Il faut des bénéfices visibles, que ce soit pour la santé, les services publics ou l’économie.» Attention, a prévenu Satya Nadella, si ces profits ne sont pas perceptibles, le secteur de l’IA «sera rejeté par la société, notamment à cause de l’énergie nécessaire pour continuer à faire tourner nos systèmes.» Il faut donc aller plus vite. «Nous devons absolument répartir équitablement les bénéfices de l’IA dans tous les pays et les couches de la société. Si un médecin peut passer plus de temps avec ses patients parce que l’IA fait le travail administratif, tout le monde y gagne. Si un agriculteur indien comprend le système de subvention via un chatbot (et c’est un exemple qui date de 2023), tout le monde y gagne aussi.» «Des risques immenses»Mais attention, il y aura des dégâts, avertissent-ils. «Je pense que l’IA va devenir beaucoup plus puissante que ce que nous observons aujourd’hui. La question, c’est: quand. Elle pourra faire des choses merveilleuses: aider à guérir le cancer, éradiquer certaines maladies, mieux comprendre l’Univers. Mais il y a aussi des risques immenses qu’on doit écarter», a affirmé Dario Amodei, directeur d’Anthropic, start-up récemment valorisée 350 milliards de dollars. L’éditeur du chatbot Claude a poursuivi: «Cette croissance des capacités de l’IA continuera d’être exponentielle et je ne pense pas que cela prendra beaucoup de temps, peut-être entre un et cinq ans, avant qu’elle dépasse notre capacité d’adaptation.» Et cela aura un impact sur l’emploi. «Chez Anthropic, nous commençons à en voir les prémices dans le domaine des logiciels et du codage. Tant au niveau junior qu’intermédiaire, nous aurons besoin de moins de personnel.» Habituellement plus mesuré dans ses propos que Dario Amodei, Demis Hassabis a renchéri: «Je peux le sentir moi-même, il y a un ralentissement dans le recrutement dans le domaine de la programmation», citant les postes de débutants et les stages comme exemples vulnérables. Et la pression sur les plus jeunes devient énorme, a poursuivi Demis Hassabis: «Si je devais m’adresser à une classe d’étudiants de premier cycle aujourd’hui, je leur dirais de devenir incroyablement compétents dans l’utilisation de ces outils d’IA.» Deux ans, cinq ans?Et tout ira très vite. Dario Amodei estime que d’ici un à deux ans, le marché de l’emploi sera radicalement transformé, Demis Hassabis évoquant une période de cinq à dix ans. «J’aimerais bien penser, comme Demis, que nous aurons autant de temps pour nous préparer. Mais je pense que cela ira très vite, qu’une forme d’IA générale apparaîtra rapidement, bouleversant non seulement le marché de l’emploi, mais l’économie dans son ensemble», a dit Dario Amodei. Alors, quelles solutions apporter? Demis Hassabis a glissé qu’il «pourrait peut-être être bon de ralentir, il faudra de la coordination entre Etats pour régler tous ces problèmes potentiels à un niveau sociétal». Pour Dario Amodei, c’est au contraire exclu, «il ne faut surtout pas ralentir, car nos rivaux au niveau géopolitique accélèrent. Je parle de la compétition entre Pékin et Washington. La Chine avance très vite et je ne vois pas comment nous pourrions nous entendre avec eux. Donc continuons à les empêcher d’accéder à nos puces, et accélérons aux Etats-Unis. Je peux m’entendre avec Demis, mais pas avec nos rivaux chinois.» Plus tard, au micro de Bloomberg, le directeur d’Anthropic a même affirmé que vendre des puces d’IA à ses concurrents chinois, ce serait fou, comme «vendre des armes nucléaires à la Corée du Nord».
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