
L’Asie du Sud-Est est la première victime énergétique de la guerre au Moyen-Orient. Très dépendant du gaz, le Vieux-Continent a aussi du souci à se faire, alertent des experts, qui craignent que la menace à venir, surtout gazière, ne soit sous-estimée
En ce début avril, le soleil brille sur une grande partie de l’Europe. Les chauffages se préparent à s’assoupir, tandis que les installations solaires fonctionnent à un rythme plus soutenu. Les attaques de drones et de missiles sur les pays du Golfe paraissent dès lors bien lointaines. Beaucoup plus éloignées que les chars d’assaut russes qui avaient agressé l’Ukraine en février 2022, déclenchant une guerre toujours en cours, ainsi qu’une crise énergétique sans précédent au XXIe siècle sur le continent.
Pourtant, les énergéticiens et autres experts en hydrocarbures sont sur des charbons ardents. Car si l’Europe est davantage épargnée dans l’immédiat par les pénuries provoquées par le blocage du stratégique détroit d’Ormuz, elle va aussi payer la facture de ce conflit, mais avec un effet décalé. Et plus le conflit durera, plus celle-ci sera élevée: l’arrivée du printemps rime avec le début du remplissage des stocks de gaz pour l’hiver prochain; or, ils sont à un niveau plus bas que l’an dernier. Les renouveler risque de se révéler particulièrement coûteux, surtout si les efforts ne sont pas coordonnés pour éviter de faire bondir les cours.
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