
Prix record, brevets en cascade et coûts de recherche contestés: une enquête de l’ONG Public Eye et du Consortium international des journalistes d’investigation révèle comment l’anticancéreux phare de MSD s’est imposé comme une machine à profits au cœur d’un système opaque
Un médicament vendu comme une révolution médicale, mais dont la mécanique économique ressemble de plus en plus à un filon lucratif déconnecté de ses coûts réels de développement. C’est ce que révèle une enquête coordonnée par Public Eye avec le Consortium international des journalistes d’investigation (International Consortium of Investigative Journalists). Le produit en question est le Keytruda, un anticancéreux du groupe américain MERCK Sharp & Dohme (MSD).
Ce médicament est particulièrement cher: «Le prix officiel d’une boîte s’élève à 4294 francs, soit davantage qu’une once d’or», relève Patrick Durisch, responsable de politique santé chez Public Eye. Le traitement annuel peut ainsi dépasser 73 000 francs, et grimper à plus de 160 000 francs, en combinaison thérapeutique. Selon les données de l’assurance maladie Helsana, le Keytruda est devenu en 2024 le médicament le plus coûteux de Suisse. Au niveau mondial, les chiffres de vente donnent le vertige. Keytruda a généré plus de 160 milliards de dollars en onze ans et près de 32 milliards en une seule année. De quoi faire de ce médicament l’un des piliers du portefeuille de MSD.
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