
OPINION. La population qui doit renoncer aux vacances, à une nouvelle veste d’hiver ou au soin d’une dent tout en travaillant devient majoritaire dans notre pays. Nous en sommes là, écrit le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard
Depuis quelques années, même dans nos pays dits «riches», quelque chose a changé. Quand les gens comparent ce qu’ils donnent comme volume et intensité de travail à ce qu’ils reçoivent en termes de pouvoir d’achat et de sécurité économique, une majorité de la population constate que le compte n’y est plus.
Le débat politique constant autour de la classe moyenne dissimule mal cette nouvelle réalité. Trop de familles qui travaillent constatent qu’il y a moins sur le compte en fin d’année. On a travaillé autant ou davantage, mais les charges fixes ont encore augmenté, le salaire n’a pas suivi et on a dû puiser dans les réserves. Et quand on n’a plus de réserves, il faut commencer à renoncer, au restaurant, aux vacances, à une nouvelle veste d’hiver, à une dent… Quand ce régime se répète année après année, alors quelque chose se casse dans la société.
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