
Les chronomètres du Britannique Charles Frodsham ont participé à la standardisation de l’heure et à calibrer l’Observatoire de Neuchâtel au XIXe siècle. Son entreprise ne s’est jamais arrêtée et n’a jamais changé d’approche: occuper le sommet de l’art, sans le faire savoir
Si Charles Frodsham avait un passeport rouge à croix blanche, il naviguerait toujours en amiral sur la longitude du luxe. Mais le chronométrier est né en 1810 à Londres et l’entreprise qui porte encore son nom avance «sous les radars», survivance d’une horlogerie britannique tombée pendant la bataille de la montre-bracelet. Rester à l’abri des influences du marché fait de toute façon partie du modèle d’affaires. Une ligne a été «tracée dans le sable» et personne ne la franchit, explique Richard Stenning, horloger, directeur, archiviste et copropriétaire de Charles Frodsham & Co: «Zéro marketing, zéro communication, pas de salon, pas d’Instagram!»
L’unique point de rencontre avec la clientèle est une petite galerie à Londres, dans le quartier des antiquaires de St James’s: «Les clients doivent trouver eux-mêmes le chemin, et ils adorent ça.» Seuls les rares privilégiés qui auront eu la patience d’attendre plusieurs années avant de venir chercher leur commande ont le droit de visiter l’atelier, là où tout se passe. Il se trouve quelque part au sud de la mégapole londonienne, dans un village sans pub qui regarde la mer, mais on ne saura pas exactement où.
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